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Abbé Fulbert Youlou éphémère Président du Congo aux idéaux nobles et apprécié par le Président John F. Kennedy voici 52 ans. Par Me Maurice Massengo-Tiassé
Crée le 28/11/2013 à 00:33:00
Mis à jour le 28/11/2013 à 00:33:00

Les deux Chefs d'Etat n'avaient pas besoin d'interprète au cours de leurs longs entretiens (Actualités)

Les deux Chefs d'Etat n'avaient pas besoin d'interprète au cours de leurs longs entretiens

Abbé Fulbert Youlou éphémère Président du Congo aux idéaux nobles et apprécié par le Président John F. Kennedy voici 52 ans. Par Me Maurice Massengo-Tiassé
Le Président Fulbert Youlou est le seul président africain qui a été marqué par le Président John F. Kennedy, comme le témoigne l’accueil exceptionnel qu’il a reçu le 8 juin 1961 à Washington. Au moment où le monde libre commémore le 50è anniversaire de l’assassinat du Président Kennedy, le 22 novembre 1963, il est normal de rendre un vibrant hommage à ces deux Présidents aujourd’hui disparus. Né le 29 mai 1917, le Président Kennedy était l’aîné de 12 jours du président Fulbert Youlou né le 9 juin 1917. Les deux gémeaux s’entendaient parfaitement à tel point qu’ils avaient prévu une coopération très étroite avec une aide conséquente des USA pour accompagner le Congo dans son développement multiforme. Le Président Fulbert Youlou, père fondateur de la république du Congo, est une grande figure emblématique, qui a laissé une nation congolaise orpheline, plongée aujourd’hui dans un système discriminatoire ou la division ethnique est devenue le principe de gouvernement. Au moment où les congolais célèbrent les 55 ans de l’instauration de la république du Congo le jeudi 28 novembre 2013, les congolais ne doivent pas oublier que c’est un grand homme , un grand homme d’Etat qui a édifié la nation congolaise, Fulbert Youlou, qui a eu la grande considération de l’homme le plus puissant du monde, le grand visionnaire le Président Kennedy. Rendons hommage à ce grand homme l’Abbé Fulbert Youlou. Demandons à certains roitelets rapaces, irresponsables et falsificateurs de l’histoire du Congo, que Fulbert Youlou n’était pas un voleur ni un spolieur, il avait une grande idée du développement et de la grandeur du Congo dans l’unité le travail et le progrès de la Nation. Nous qui avons pris connaissance de son projet de société pour le Congo, nous pouvons dire que le Congo a pris des longues décennies de retard pour son développement économique, social et culturel. Ce ne sont pas les projets et plans bricolés qu’on présente aujourd’hui au peuple abusé et trompé qui peuvent faire oublier que les ressources du Congo sont mal gérées, par ceux qui volent et pillent la Nation Congolaise.
Aujourd’hui tout le monde reconnait que le Président Youlou n’avait pas volé et spolié les Congolais. Il était respectueux du pacte républicain et fervent défenseur de l’unité nationale. Le bref passage du président Fulbert Youlou à la tête du Congo Brazzaville reste, au regard de sa personne et de son projet politique inachevé, le souvenir d’un grand homme d’Etat et visionnaire incontesté. Comme l’écrit Rudy Mbemba dya Bô Benazo mbanzoulou, « Fulbert Youlou est un président éclaireur qui a donné entre ce monde qui meurt et l’autre naissant une merveilleuse leçon de vie en gouvernant avec les seules armes de l’humilité, de la douceur, de la compassion et de la non violence. Pour jeter les bases d’un développement politique, économique et libéral des sociétés africaines sur les valeurs cardinales de sa civilisation propre et millénaire... ». Comme le Président Kennedy, l’Abbé Fulbert Youlou fustigeait littéralement le marxisme et le socialisme et tous ces régimes imbus des idées révolutionnaires et rétrogrades qui maintiennent les peuples dans la logique de l’asservissement et la dépendance totale.
Le Président Fulbert Youlou cherchait à construire un modèle libéral à l’africaine, c’est pourquoi il a été un actif membre fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine en mai 1963 à Addis Abeba. Au cours de sa déclaration il va insister en ces termes : « L’unité de l’Afrique répond à la plus noble des ambitions. Elle doit être recherchée par tous les peuples convaincus de sa nécessité. Même si elle n’est pas atteinte, l’objectif commun qu’elle représente permet d’atténuer les oppositions entre les Etats africains lorsqu’elles surgissent et de trouver un moyen de les régler dans un esprit de fraternité africaine.
Le principe de l’unité africaine doit être le premier fondement de la politique extérieure des Etats africains. Il convient de le proclamer solennellement. Et sa première application rejoint la déclaration d’une « Doctrine de Monroe » africaine, réservant l’Afrique aux Africains.
L’unité de l’Afrique ne doit pas cependant faire oublier sa diversité, d’autant plus qu’il s’agit d’un immense continent. Aucun continent, que ce soit l’Europe, les Amériques ou l’Asie n’a jusqu’à ce jour réussi et ne peut prétendre établir un gouvernement continental, former un seul et unique Etat, forger une seule et même Nation.
Mais les Etats indépendants peuvent abandonner volontairement une partie de leur souveraineté nationale au profit d’un organisme supra-national, qui pourrait être au début consultatif et accroître progressivement sa compétence et son autorité dans les secteurs qui lui seraient dévolus. Telle est la méthode qui a été appliquée en europe, par la constitution du conseil de l’Europe…. La conférence des Chefs d’Etat choisirait par roulement un Président annuel, qui devrait être lui-même Chef d’Etat.
Le Secrétaire Général et les Secrétaires Généraux adjoint devraient être choisis selon une répartition géographique, afin que les quatre postes soient répartis à raison de un pour l’Afrique du Nord, un pour l’Afrique Occidentale, un pour l’Afrique de l’Est, un pour l’Afrique centrale. Le Président de la Conférence des Chefs d’Etat et le Secrétaire Général permanent ne pourraient en aucun cas appartenir à la même zone géographique.
Le premier soin de la conférence des chefs d’Etat serait de fixer les compétences et de répartir les prérogatives en établissant une Charte des Etats Africains Unis.
La Charte serait soumise à la ratification des Assemblées Nationales ou des Parlements des Etats.
Ainsi définie dans ses premières institutions de base, l’Afrique Unie devrait faire le choix d’une capitale. Les Etats africains commercent très peu entre eux. L’essentiel de leurs échanges s’opère entre l’Europe et l’Afrique. L’exportation comprend principalement des produits bruts, agricoles, forestiers et miniers. L’importation porte surtout des objets manufacturés.
Sur le plan économique, les Etats africains sont plus concurrents que complémentaires. Ils fournissent souvent les mêmes produits. Ils disposent dans l’ensemble d’un pouvoir d’achat peu élevé.
Dans ces conditions, comment concevoir la coopération économique africaine ? Deux ordres de mesures communes s’avèrent souhaitables.
1. L’Afrique ne peut rester inactive devant l’effritement progressif et continu des cours de ses produits agricoles. Il lui faut disposer d’organismes internationaux capables de défendre les prix et d’éviter la surproduction.
2. Le développement de l’Afrique est fonction de son industrialisation. C’est en produisant elle-même les produits manufacturés essentiels dont elle a besoin que l’Afrique assurera son développement et atteindra un niveau de vie supérieur.
L’ensemble des dispositions à intervenir pourrait être confié utilement à un Organisme africain de Coopération économique, chargé d’établir un Plan d’industrialisation, non pas encore à l’échelle continentale, mais tout au moins sur de vastes portions du continent africain.
Enfin la production industrielle africaine devrait bénéficier à l’intérieur du continent, d’un tarif douanier privilégié de la part de tous les Etats, accordant la préférence à tous produits de fabrication africaine.
C’est par le jeu de mesures progressives et adaptées que l’Afrique pourra le mieux préparer la voie au Marché Commun Africain.
L’idée de Marché commun est une idée-force, avec laquelle il faut compter même si sa réalisation est difficile dans l’état actuel des échanges interafricains. Elle apporte un élément supplémentaire dans la prise de conscience africaine, celle de l’entraide économique pour parvenir ensemble plus rapidement à une amélioration du niveau de vie des populations. Les tenants d’un Marché commun africain sont partisans d’une union économique qui engloberait pour les plus optimistes le continent tout entier et pour les plus réalistes d’importantes régions africaines.
Au point de vue économique, les échanges avec l’Afrique n’atteignent pas 10% du commerce mondial. Mais en certains domaines, elle a une place privilégiée. C’est ainsi que le continent africain produit 25% du diamant mondial, 72% du cacao, 23% du cuivre 21% du café, ainsi que le tiers de l’uranium de l’occident.
D’autre part, l’Afrique possède le potentiel hydroélectrique le plus grand du monde. Il peut être à la base de son industrialisation.
Par ailleurs l’Afrique représente pour les pays hautement industrialisés qui ont besoin d’un volant d’exportation, un client privilégié, puisqu’il ne dispose pas encore d’industries concurrentes en de nombreux domaines.
C’est en partant de ces données que l’on peut situer le rôle d’un Marché commun africain.
D’abord pour la vente des produits africains. Il est souhaitable lorsque des organismes communs de vente n’existent pas encore pour tel ou tel produit, de les créer si possible, sous la forme d’un office interafricain ou selon l’expression anglaise d’un Marketing Board, ayant compétence pour l’ensemble du continent.
Il y aurait ainsi l’office Africain du café, celui du cacao, celui de la banane, celui des agrumes , celui de l’huile de palme, etc.
Ces Offices fixeraient les prix-plancher et les prix-plafond et défendraient les cours sur le marché mondial. Isolément, chaque Etat n’a pas le moyen d’agir, sinon en concurrence, avec les autres Etats africains. Leur groupement au contraire, sous la forme d’une sorte de Coopérative Inter-Etats, donnerait une grande autorité aux négociations avec les acheteurs internationaux des produits africains. Ce ne serait plus, comme aujourd’hui aux marchés de Londres, de Paris, de Hambourg, de New-York de fixer les prix en considération des seuls besoins de la consommation et de sa conjoncture.
N’oublions pas que c’est seulement de cette manière que les producteurs de diamant ont réussi depuis plus d’un demi-siècle à maintenir très élevés les cours du diamant dans le monde, en établissant un contrôle du marché mondial du diamant… »

Maître Maurice Massengo-Tiassé