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Congo: Lettre ouverte à Monsieur Manuel Valls, la France serait responsable des exactions des FAC
Crée le 10/07/2012 à 11:24:39
Mis à jour le 10/07/2012 à 11:24:39

Sylvie Ngoulou jeune femme victime de la police politique du Congo qui bénéficie de l'assistance technique de la police nationale française (Violations des Droits de l'Homme en Afrique et dans le monde)

Sylvie Ngoulou jeune femme victime de la police politique du Congo qui bénéficie de l'assistance technique de la police nationale française

Monsieur,
Cette monstrueuse photo en annexe d’une lettre ouverte qui vous est destinée est pour nous le signe d’une indignation réelle et généralisée.
En effet, une jeune femme commerçante du marché Fond Tié-Tié (Pointe Noire-Congo) nommée Sylvie NGOULOU a été victime d'un crime odieux. La police politique du Congo Brazzaville avait confisqué sa marchandise sous prétexte qu’elle occupait le trottoir. Cette dernière avait été arrêtée et conduite au commissariat de Loussala.
Après une dispute entre la jeune femme et le commissaire, celui-ci ordonna aux policiers du PSP de Loussala de la violer sexuellement, ce qui fût fait. Quand vous lirez cette lettre, sachez que Mademoiselle Sylvie NGOULOU est toujours dans un état critique.
Une plainte a été déposé par sa famille mais, comme vous le savez, au Congo Brazzaville la justice n’a de juste que le nom.

Monsieur le Ministre,
Notre pays, la République du Congo a connu un processus démocratique réel, brutalement interrompu par le Général Denis SASSOU NGUESSO le 5 juin 1997, par un coup d’Etat d’une violence inouïe qui plongea jusqu’en 2000 notre pays dans des guerres civiles récurrentes.
Fait singulier, la France à travers la société pétrolière Elf Aquitaine avait été l’acteur majeur qui permit à Monsieur Denis SASSOU NGUESSO de reprendre le pouvoir par la force, un pouvoir qu’il avait perdu 5 ans auparavant par les urnes.
La France, de Jacques CHIRAC à Nicolas SARKOZY a tour à tour concouru à la légitimation de ce pouvoir auprès des instances internationales ; mieux par une coopération technique militaire et policière qui s’est accentuée depuis.
La matérialisation de tout ceci est la présence du Commissaire Michel CASSAGNE, Attaché de Sécurité intérieure en charge du service de coopération technique internationale de police, près l’Ambassade de France au Congo Brazzaville.
Monsieur le Ministre, à qui ferez vous croire que le Commissaire Michel CASSAGNE qui dépend de vos services est chargé uniquement de la sécurité des expatriés français vivant au Congo Brazzaville ?

Monsieur le Ministre,
Le Congo Brazzaville de SASSOU NGUESSO n’abrite pas de base militaire française mais bénéficie régulièrement de la coopération de la France pour la formation des éléments de ses forces armées de défense, de sécurité, de la police et de la gendarmerie.
Une coopération étroite qui se poursuit avec le financement en 2010, pour 378 millions de francs CFA (578 000 euros), d’une école militaire à Makabandilou, dans la banlieue nord de Brazzaville. D’après l’ambassadeur de France au Congo Brazzaville, Jean-François VALETTE, ce projet "est l’un des plus importants menés par la coopération militaire française dans le monde".
La formation de soldats africains au maintien de la paix constitue l’un des principaux alibis de la France pour perpétuer sa présence militaire en Afrique. Il ne faudra pas s’étonner, pour les conflits à venir, si les soldats africains formés par la France dans cette école militaire ne sont pas plus neutres que ne l’ont été par le passé les soldats Tchadiens en Centrafrique ou Sénégalais en Guinée Bissau dans les forces de maintien de la paix promues par la France...

Monsieur le Ministre,
La Police Nationale Congolaise, institution républicaine par excellence est en réalité une Police Politique ; c’est le bras armé du pouvoir de Monsieur SASSOU NGUESSO. Cette institution opprime et réprime à volonté, le Général Jean François DENGUET, chef milicien hier en est le grand patron depuis 15 ans. Quinze bonnes années au cours desquelles cette police politique congolaise à accumuler les crimes et les violations massives des droits de l’homme.
"L’affaire des disparus du Beach", crime imprescriptible selon les conventions internationale signées et ratifiées par la France, aujourd’hui devant la justice française reste à ce jour, l’acte odieux et criminel le plus emblématique de la coopération policière France–Congo. D’ailleurs, les protagonistes de cette affaire, instruite au pôle crime contre l’humanité du Tribunal de Grande Instance de Paris séjournent régulièrement en France sans être inquiétés (nous sommes à votre disposition pour vous donnez les preuves).
Actuellement, les avocats Hervé Ambroise MALONGA et Gabriel HOMBESSA ainsi que Monsieur Paul Marie POUELE porte parole du Front des Partis de l’Opposition Congolaise (FPOC) et le Colonel Marcel TSOUROU croupissent dans les geôles de la maison d’arrêt de Brazzaville pour délit d’opinion. Auteurs de ces arrestations arbitraires : Jean Dominique OKEMBA, Jean-François NDENGUET et Philipe OBARA les gourous de la police politique congolaise.

Monsieur le Ministre,
Souvenez vous de Nicolas NORMAND l’ancien ambassadeur de la France au Congo Brazzaville qui avait préféré sacrifier notre ami et frère franco-congolais Bruno JACQUET-OSSEBI sans broncher au nom de la réal politique.
Bruno JACQUET-OSSEBI avait été achevé à l’hôpital militaire devant les yeux de l’ambassadeur de France le 21 janvier 2009 alors qu’il s’apprêtait à le faire évacué en France suite à l’incendie criminel de sa maison ; incendie dans lequel avait périt madame JACQUET-OSSEBI et ses deux filles. Curieusement la France de Nicolas SARKOZY n’avait demandé aucune enquête pour l’assassinat d’un des ses enfants.

Monsieur le Ministre,
Saisissant de l’espoir né de l’arrivée du Président François HOLLANDE, nous constatons comme l’a indiqué Mr Thomas MELONIO, le Monsieur Afrique du Président HOLLANDE que : "Cinquante ans après les indépendances, les relations entre la France et l’Afrique ne sont toujours pas sereines. Trop de conservatismes, de malaises et de non-dits se sont accumulés au cours des cinq décennies écoulées. De manière symptomatique, le débat sur l’existence et la nature de la «Françafrique» ne s’est jamais vraiment arrêté en France, alors que d’anciennes puissances coloniales ont clairement tourné la page de la colonisation et de ses avatars. Personne ne songerait à parler d’ «Anglafrique» ou de «Lusafrique», signe qu’il y a véritablement, en France, un travail particulier de rénovation à mener".
Pourtant, toujours selon Thomas MELONIO "Pour les socialistes, le respect des droits de l’Homme et l’existence d’un Etat de droit sont et doivent être des conditions préalables à toute intervention en faveur d’un Etat. Il est trop facile de se fourvoyer dans une relation de complaisance avec des régimes non démocratiques".
Pour que le crime contre notre compatriote Sylvie NGOULOU ne reste pas impuni, et que la France ne se rende plus complice de crime au Congo Brazzaville, il est de votre devoir, Monsieur le Ministre, d’arrêter la coopération technique policière entre nos deux Etats, ceci sera la traduction d’une réelle volonté de rénovation et de changement telle que l’a indiquée le Président François HOLLANDE ou alors, il est de votre devoir de conditionner cette coopération technique policière au respect des Droits de l’homme.
N’oubliez pas Monsieur le Ministre que nos petites lâchetés d’aujourd’hui préparent les guerres de demain.
On se souvient de ce qui s'est passé au Rwanda.
Nous restons à votre disposition pour tout.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre l’expression de notre très haute considération.

Patrick Eric MAMPOUYA
Défenseur des droits de l'homme - Congo Brazzaville