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Emile Biayenda Santo Subito - Le Pape François va-t-il enfin béatifier le Cardinal Emile Biayenda Assassiné par Sassou Nguesso par Hervé Zebrowski
Crée le 23/07/2016 à 22:09:48
Mis à jour le 23/07/2016 à 22:09:48

Le pape François est-il sourd aux appels des Africains qui exigent la béatification du Cardinal Emile Biayenda assassiné par Sassou Nguesso en mars 1997 (Actualités)

Le pape François est-il sourd aux appels des Africains qui exigent la béatification du Cardinal Emile Biayenda assassiné par Sassou Nguesso en mars 1997

A l'occasion du 7ème anniversaire de la mort d’Ernest Kombo, Président de la Conférence Nationale Souveraine en 1991, Le Forum Radio Télévision des Droits de l'Homme a diffusé pendant une semaine le témoignage de Hervé ZEBROWSKI sur l'assassinat du Cardinal Emile Biayenda et sur l'empoisonnement de Monseigneur Ernest Kombo.
Cette émission a provoqué l'ire, les foudres de Sassou Nguesso qui a ordonné d'une part l'interruption des émissions du Forum Radio et Télévision des droits de l'homme et d'autre part exigé les enlèvements ou tentatives d'assassinats de Maître Massengo-Tiassé promoteur de Forum Radio Télévision, entre le 23 octobre 2015 et le 16 avril 2016.
Vous pouvez également sur ce site suivre l'intégralité de cette émission du Forum (rubrique Interviews).

Emission Radio Forum Brazzaville qui a été diffusée quatre fois par jour pendant la semaine du 17 au 23 octobre 2015, date de l'interruption brutale des émissions par un escadron de plus 80 policiers et supplétifs de la police qui ont emporté du matériel de diffusion. Une troupe de plus de cents policiers et miliciens vont revenir la nuit du 30 au 31 octobre 2015 de 1h 15 au 4h30 pour tout détruire et tenter d'enlever et assassiner Me Massengo-Tiassé, qui a échappé miraculeusement à cette opération terroriste de Sassou Nguesso.
Emile Biayenda Santo Subito Santo Subito Santo Subito
Maître Massengo-Tiassé qui était bien présent sur les lieux témoigne qu'il a eu la vie sauve grâce au Saint Emile Cardinal Biayenda. Le Forum a dédié une place dans l'immeuble abritant la Radio Forum en 2013.
NDLR


Hervé Zebrowski au Forum la radio des droits de l'homme

Il y a 7 ans, le 22 octobre 2008, à 14h10, notre Seigneur Jésus Christ rappelait à lui son fils ; Ernest Kombo, Evêque d’Owando, Président durant de très longues années, de la Conférence Episcopale du Congo Brazzaville.
Durant les 5 dernières années de sa vie, je fus - avec deux de ses nièces - l’un de ses tous proches serviteurs. Nourri par une Foi profonde en Christ ressuscité, seul sauveur de notre pauvre monde, sa vie toute entière a été une offrande à l’Eglise catholique de qui il reçut sa Foi, et à sa patrie chérie, le Congo Brazzaville, la terre de sa mère, de son père, de tous ses ancêtres, et de toute sa grande famille congolaise.
En ces temps de troubles et de chocs au Congo Brazzaville, où chaque congolais appelle de ses vœux l’instauration d’une conférence nationale, on se doit d’évoquer et de célébrer la mémoire d’Ernest Kombo qui fut le Président de la 1ère Conférence Nationale à Brazzaville il y a déjà 25 ans ! Ernest Kombo avait été l’homme consensuel désigné par toutes les forces du pays pour incarner l’autorité morale qui devait déjà apaiser la colère d’un peuple et interpeler avec vigueur ses élites pour assurer ce qu’il est convenu d’appeler « l’alternance démocratique ». Mais parlons clair, mes chers frères congolais, et cessons de nous gargariser de mots vidés de leurs sens, tels que République, alternance démocratique, paix….
Quelle était la réalité du pouvoir au Congo Brazzaville au début de ces années 90 ? Cette réalité était identique à celle d’aujourd’hui ; le pouvoir congolais comme il l’est aujourd’hui est en effet un pouvoir d’essence criminelle. Comme aujourd’hui, Denis SassouNguesso concentrait tout le pouvoir en ses mains sanglantes et ce depuis le tout début des années 1977.
Comment Sassou Nguesso avait-il conquis ce pouvoir en 1977 ? Par le crime et jugeons-en : chef des armées en 1977, il assassina Marien Ngouabi et Massamba Debat. Pourquoi commet-il ces crimes ? Il est une date très importante que tous les congolais doivent connaitre. Cette date est le 1er janvier 1977. Marien Ngouabi, alors président de la République populaire du Congo Brazzaville, reconnaît ce jour làl’état du Vatican.
Pourquoi Marien Ngouabi reconnait l’état du Vatican ? Parce qu’il comprend alors - 17 ans après l’indépendance - que le régime communiste et ses parrains que sont Moscou et Cuba, entrainent Brazzaville dans la ruine et le néant du matérialisme. Marien Ngouabi décide alors de rejoindre le camp de Rome, de Paris, de Washington, en un mot, le camp occidental.
Une alliance secrète est alors convenue avec Massamba Debat pour sortir Brazzaville du camp communiste. Qui est à la source de cette alliance pour sortir Brazzaville du camp communiste? Un homme, un seul, un grand Saint oublié du monde entier, un grand Saint du Congo Brazzaville : le Cardinal Emile Biayenda. C’est le Pape Paul VI qui en 1973 nomme Monseigneur Emile Biayenda Cardinal. Emile Biayenda est le 1er Cardinal d’Afrique centrale. Pourquoi Emile Biayenda, du Congo Brazzaville, est nommé Cardinal? Parce que l’Europe, les Etats Unis, tout le camp occidental veulent mettre fin au communisme en Afrique centrale.
Sassou Nguesso, ministre des armées, est alerté de ce projet. Il informe Moscou et Cuba de cette nouvelle constitution qui devait sortir le Congo Brazzaville du camp communiste. Assuré du soutien de Moscou et Cuba, les militaires exécutent Marien Ngouabi qui sera achevé par sa garde cubaine le 18 mars 1977. Après un procès dit expédié, Massamba Debat sera condamné à mort et exécuté le 25 mars 1977. Son corps ne sera jamais remis à sa famille.
Si Moscou et Cuba sont complices avec SassouNguesso, Ministre des Armées, des assassinats de Marien Ngouavi et Massamba Debat, on peut affirmer cependant que Moscou et Cuba sont innocents du crime proprement terrifiant d’une cruauté inouïe, dont fut victime le Cardinal Emile Biayenda. Ce crime-là n’est pas un crime politique banal, que de nombreux dictateurs commettent pour s’emparer du pouvoir. Il s’agit d’un crime rituel, lié à certains cultes sombres qui entendent asseoir leur pouvoir sur les hommes en invoquant les forces du mal. Ces forces de la mort nourrissent la terreur des hommes. Elles agissent la nuit. Et c’est bien dans la nuit du 22 mars 1977 que le Cardinal Emile Biayenda connut son martyr. En effet, après avoir été enlevé par des militaires à l’archevêché à bord d’une Land Rover, le Cardinal Emile Biayenda fut transporté au cimetière d’Itatolo. Là, une fosse était creusée dans laquelle il fut enterré vivant. Son corps en effet ne présentait aucune trace de balle ni aucune trace de blessure mortelle. Lorsqu’on le retrouva enseveli dans cette tombe, son bras droit était figé au-dessus de sa tête comme pour se protéger dans un dernier geste désespéré, pour repousser la terre qui l’ensevelissait, et respirer une dernière bouffée d’air. Sa main gauche quant à elle s’était crispée sur sa croix pectorale témoignant ainsi de son ultime supplique vers le ciel.
A la morgue de Brazzaville, où il fut transporté ce jour du 22 mars 1977, la raideur cadavérique de son bras, dans cette position insolite, dans ce réflexe ultime de défense, impressionna tous les témoins. Voilà le crime rituel sur lequel se fonde le pouvoir de Denis Sassou Nguesso depuis le mois de mars 1977. Chaque congolais connaît plus ou moins ce crime. Chaque congolais est terrorisé par ce crime qui est la source de dizaines de milliers de crimes qui seront commis par cet homme tenu par le démon, par cet homme qui tient son pouvoir des forces des ténèbres et de la mort.
Si comme vous j’étais congolais, comme vous je serais terrorisé. Mais vous êtes mes frères en Christ, je suis français et j’habite à Paris. Il m’est plus facile, moins dangereux qu’à vous mes frères de témoigner de cette sombre vérité. Cette vérité, je la tiens d’Ernest Kombo. Lui-même n’a pas su la dire aussi clairement. Ça lui était tout simplement impossible. Cependant, lors de la Conférence nationale, à sa manière, il a tout fait pour que chaque congolais comprenne. Il a notamment longuement fait parler l’adjudant Mamoye qui est à l’origine de la légende mensongère de l’assassinat du Cardinal par une rafale de mitrailleuse dans le dos sur la montage diteaujourd’hui « montagne du Cardinal ».
Que chacun réécoute s’il le peut sur Youtube le témoignage proprement comique, confus et ridicule de cet homme à la solde du pouvoir militaire. Ernest Kombo se désespérait que les congolais puissent croire à une histoire d’une soutane miraculeuse qui serait restée intacte des traces de balles. A ce propos il m’a dit « le Christ lui-même n’a-t-il pas montré ses 5 plaies à Thomas » ? J’avais en effet pu voir moi-même cette soutane miraculeuse pieusement conservée dans le petit musée dédié au Cardinal Emile Biayenda à Brazzaville.
En ce début des années 1990, le mur de Berlin tombe. Et c’est avec le plein soutien de Rome et de Jean Paul II qu’Ernest Kombo s’engage dans sa mission de Président de la Conférence Nationale qui lui reconnaissait durant cette période transitoire tout le pouvoir exécutif à Brazzaville. Mais outre ce soutien de Rome et du Pape, un autre évènement va venir renforcer le pouvoir d’Ernest Kombo lors de cette conférence nationale.
En 1989, que chacun se souvienne : une bombe est installée à Brazzaville dans les soutes d’un DC10 d’UTA. Après son escale à Ndjamena, le DC10 explosera au-dessus du désert du Ténéré. François Mitterrand, alors Président de la République française, sait que SassouNguesso est complice avec Khadafi de la mise en place de cette bombe à l’aéroport de Brazzaville. Comment le sait-il ? Dans l’état policier qu’est le Congo Brazzaville, Mitterrand sait que rien ne peut échapper à Sassou Nguesso à l’aéroport de Maya Maya. Par ailleurs, sans doute a-t-il été averti d’une manière ou d’une autre, par Issène Habré, alors Président du Tchad qui lui-même avait été averti par Auxence Ikonga de l’existence de cette bombe. C’est par cette information d’Auxence Ikonga, Président d’Air Afrique et camarade d’école d’Issène Habré à Paris que de nombreux passagers descendront du DC 10 à l’escale de Ndjamena et que d’autres ne prendront pas l’avion. Auxence IKonga mourut 2 mois après l’explosion de ce DC10 à l’hôpital militaire de Brazzaville.
Voilà mes frères, quel était le contexte du pouvoir que tenait Ernest Kombo, du Vatican et de la France, en 1990.
Soutenu par le peuple congolais, soutenu par la France, soutenu par le Vatican Ernest Kombo pu mettre fin au règne de SassouNguesso en 1990. Cela dit, jamais Ernest Kombo n’aurait pu imaginer que la France, en 1997, remettrait le même SassouNguesso au pouvoir.
Jamais Ernest Kombo n’aurait pu imaginer que le Vatican lui-même – par la voix du Nonce apostolique – Mario Roberto Cassari, l’abandonnerait en 2005. Souvenez-vous, mes très chers frères, lors de la messe de funérailles de Barthélémy Batantu, Ernest Kombo avait dit alors à tout le gouvernement congolais rassemblé « les ancêtres qui nous regardent ne sont pas contents de l’état du pays ». Fou de rage, Sassou Nguesso interpelait le Nonce apostolique qui retirait alors immédiatement à Ernest Kombo le passeport du Vatican dont il disposait en tant que personnalité religieuse particulièrement vulnérable. En lui retirant ce passeport, le Vatican signait l’arrêt de mort d’Ernest Kombo.
Mes très chers frères et sœurs du Congo Brazzaville, qu’il me soit permis de vous mettre en garde. Dans vos révoltes et vos manifestations, je vous invite à la plus grande prudence. L’homme auquel vous vous affrontez aujourd’hui est habité par une puissance diabolique. Sachez que vous êtes oubliés du monde entier. Sachez que Sassou dispose de très nombreux soutiens à Rome et à Paris. Sachez que dans le monde, on ne parle jamais du Congo Brazzaville. Ainsi, lorsque le 4 mars 2012, deuxième dimanche de Carême, le diable fit exploser les casernes de Mpila, aucune information ne filtra en Europe et encore moins à Paris. Les milliers de congolais qui furent tués directement par l’explosion - ou plutôt enterrés vivants dans les décombres, suivant ainsi le sort du Cardinal Emile Biayenda - ne firent l’objet que d’une très vague dépêche de l’AFP « une explosion à Brazzaville a fait 300 morts ».
Avec la complicité de la presse française, Brazzaville est plongée dans le silence et dans la nuit. Aucun son, aucune image sur Brazzaville à Paris. Un journaliste français très proche des milieux militaires français est le grand responsable de ce silence et de cette nuit sur Brazzaville. Si un massacre a lieu à Brazzaville, je doute fort que l’on vienne à votre secours. Pire, la fameuse communauté internationale dira : « Sassou est un chef fort. Il sait tenir son pays. Il faut le soutenir. Regardez le désordre en Lybie depuis la fin de Khadafi. »
Sachez que lors de votre manifestation du 27 septembre où vous vous êtes rassemblés à plus de 300.000, Sassou allumait un feu à Bangui et le monde entier regardait Bangui. Et le monde entier pensait que Sassou était le vieux sage sur lequel l’Afrique centrale pouvait compter pour restaurer la paix.
Mais il existe une voie d’espérance, mes chers frères du Congo Brazzaville. Permettez-moi de vous suggérer cette voie. Vous tous rassemblés, surtout je vous en conjure, ne marchez pas contre Sassou-Nguesso, car alors vous perdrez.
Marchez nombreux, ensemble, pour porter le Cardinal Emile Biayenda dans la lumière. Tous les jours, de plus en plus nombreux, de vos villages, de vos paroisses, marchez vers vos cathédrales. Brazzaville, Pointe Noire… Avec des chants, avec des prières, en scandant un seul mot : « Cardinal Emile Biayenda santo subito ».
Chaque week-end, chaque jour, marchezde plus en plus nombreux en priant, en chantant, en dansant, pour la gloire de Dieu et le salut de l’Afrique centrale, et en scandant « Cardinal Emile Biayenda santo subito » ! « Cardinal Emile Biayenda santo subito » ! « Cardinal Emile Biayenda santo subito » !
C’est alors que votre clameur, poussée par vos millions de voix, sera entendue jusqu’à Bangui oùle Pape François se rendra en novembre !
C’est alors que votre voix sera entendue jusqu’à Paris, Rome et Washington ! Et que le monde entier entendra ce chant ! Et que le monde entier verra une lumière s’allumer sur Brazzaville ! Seule cette lumière saura chasser les ténèbres qui vous recouvrent depuis si longtemps.
Hervé ZEBROWSKI

Ceci est une transcription d'une émission diffusée à la Radio Forum en octobre 2015.