DERNIERES EMISSIONS


Franklin Boukaka une voix d'or qui nous rappelle que l'existence humaine ne s'arrête pas au champ de tirs de la Tsiémé, mais traverse tous les continents.
Crée le 04/12/2020 à 23:04:31
Mis à jour le 04/12/2020 à 23:04:31

Franklin Boukaka, né le 10 octobre 1940 à Brazzaville et mort assassiné le 22 février 1972 (Droit à l'éducation et au développement culturel)

Franklin Boukaka, né le 10 octobre 1940 à Brazzaville et mort assassiné le 22 février 1972

FRANKLIN BOUKAKA, UNE VOIX D’OR QUI NOUS RAPPELLE QUE L’EXISTENCE HUMAINE NE S’ARRÊTE PAS AU CHAMP DE TIRS DE LA TSIÉMÉ, MAIS TRAVERSE TOUS LES CONTINENTS. Par Fernand Ndalla
1940-2020 Franklin Boukaka aurait eu 80 ans le 10 octobre 2020
Franklin Boukaka, ta voix ne cesse d’accompagner nos joies, nos angoisses, nos désirs et nos espoirs du lendemain. Car tes croyances politiques dépassaient ta musique, ta vision semblait gagner l’opprimé et le démuni et tu étais leur voix.
Mais, en 2020, Maître Maurice Massengo Tiassé dans sa démarche historique de replacer chaque Acteur de la vie politique congolaise. Dans cette marche pour mettre la lumière aux événements du 22 février 1972 dont tu fus un acteur civil et avec d’autres compagnons. Car ton camp ne triompha pas à parvenir au pouvoir et tu fus arrêté et arbitrairement exécuté avec Élie Itsihou par ordre de Joachim Yhombi Opango et Denis Sassou Nguesso. Tu n’avais pas bénéficié de protection judiciaire d’un prisonnier, soustrait et exécuté par Aboya le plus grand criminel de tous les temps. L’hommage que te rend Maître Maurice Massengo Tiassé dans ses émissions historiques vient montrer ta place éminente dans la musique congolaise, africaine et internationale. Ta musique était le symbole d’un engagement et d’une réalité que tu refusais d’être cela. Et le talent musical se confondait avec ton militantisme pour une société débarrassée du capitalisme. À chacun son rêve, car la chanson était cette lance qui faisait peur à la contre révolution. À travers mon ressenti, je voulais comme Maître Massengo Tiassé te rendre hommage et souligner de cet Oncle du quartier Mbama. Du croisement entre la rue Surcouf et la rue Jules Grévy où tu habitais avec ta famille et ton Cadet qui était militaire Ma Moro. Et très jeune, ce jour du 22 février 1972, je t’ai vu avec mon Oncle Balossa Ange dit Belose, Mayitoukou Antoine et les autres penchés sur le mur de la Commune de Bacongo en discussion. Et de loin, par ma curiosité, j’observais ce long bouleversement qui devait coûter ta Vie humaine très chère. La révolution venait de créer un autre drame qui devait déchirer notre Nation. Car une Idéologie qui ignore la liberté de tout un chacun, enchaîne son détenteur, le groupe et tout le peuple. Franklin Boukaka, le Talent, l’humilité, le chant du Patriote, le Berger du peuple et Chant de la Dignité pour la femme.

1 - LE TALENT ARTISTIQUE QUI HONORE TOUJOURS LE CONGO.
Le talent pour un homme est cette somme d’intelligence qui lui permet par son intuition à se saisir des faits réels à en faire une projection dans l’avenir. Franklin Boukaka de l’orchestre Cercule Jazz à Kinshasa a nourri les mélomanes de son esprit créateur. C'est dans ce bain musical qu’il trouvait son génie et le partageait avec ses amis musiciens. Une voix d’or sortait de lui pour atteindre les mélomanes que nous étions. Oui, la musique était son métier, le Congo sa terre préférée, comme aussi le Congo Kinshasa expression de son talent. Au firmament de son talent les convictions et la conviction d’un autre monde rongeait son Âme. Il fallait pour lui transformer ce monde sortit de la colonisation en un univers dont le peuple était le Maître. Et cette passion du politique dévorait son Être tout entier jusqu'à la mort. Tuer par les Autres qui se réfugiaient dans le tribalisme, car Yhombi Opango et Denis Sassou Nguesso étaient-là pour dire à Aboya et Mouassiposso : Faites disparaître ce Génie qui nous dérange. Ainsi nous ne te pleurons du Gâchis qui hante le peuple congolais depuis un Quart de Siècle ( 50 ans déjà de crimes contre l’intelligence ).

2 - LE PEUPLE CONGOLAIS ÉTAIT UN ET N’AVAIT PAS D’AUTRES ENNEMIS QUE SOI-MÊME.
Depuis le 15 Août 1963, toute la génération d’Alphonse Massamba Débat, Ambroise Noumazalaye, Claude Ernest Ndalla, Matsika Aimé, André Hombessa, Pascal Lissouba, Lounda, Ange Diawara pensaient que Fulbert Youlou et ses amis oeuvraient contre eux. Et que le colonialisme français avait comme Gardien Fulbert Youlou. Cette génération désigna comme Ennemi la pensée contraire au leur, car Fulbert Youlou et Eux avaient subi les mêmes humiliations de la colonisation. Et comment allions-nous retrouver cette Dignité Perdue des Siècles durant ? Pour Fulbert Youlou, il fallait travailler pour son émancipation afin d’atteindre le niveau supérieur des autres peuples. D’où la multiplication des Alliances avec les États Unis d’Amérique, la Chine de Formose (Taïwan), la Corée du Sud, Israël, la Grande Bretagne. Et Fulbert Youlou avait le Choix de se situer au Centre dans la NEUTRALITÉ comme la Suisse. Fulbert Youlou concevait une SOCIÉTÉ LIBRE AVEC UN COURANT À DROITE ET À GAUCHE ET N’IGNORAIT D’AUTRES SENSIBILITÉS. Mais les Cadres qu’il forma, devinrent des AGENTS TRAVAILLANT POUR LA FRANCE CONTRE LE CONGO ET D’AUTRES POUR L’URSS OU LA CHINE. Le Patriotisme manqua à la gauche congolaise qui trouva comme Ennemi Fulbert Youlou et ses partisans. Ainsi était né le FAUX CLIVAGE, c'est ainsi que toute la gauche congolaise se trouva un ennemi commun l’impérialisme français et ses valets locaux composés des cadres bien formés par le système administratif français qui sauvegardait l’État contre le népotisme, le clientélisme, le régionalisme et le tribalisme. Car le Congo silencieux Sans Voix pouvait se joindre à une Révolution Pacifique de la Paix des Coeurs.
LES CAMARADES DE LUTTE DU PCT ÉTAIENT LES FUTURS ENNEMIS QUI NOUS TRANCHERAIENT LA TÊTE. ET ON NOUS ENTERRERA COMME DES ANIMAUX SANS SÉPULTURES DIGNES ET PLACES CONNUES POUR NOUS HONORER.

Voilà, le chemin de la fraternité révolutionnaire devenu un drame, la Tribu et la Région avaient pris le dessus sur nos convictions qui n’étaient de la Façade.

3 - LES CONVICTIONS NE POUVAIENT PAS NAÎTRE INSTANTANÉMENT DANS LA DEUXIÈME VAGUE MILITARO TRIBALISTE.
Franklin Boukaka se rendait compte avec ses amis politiques du 22 février 1972 que la compréhension du socialisme scientifique avait une autre signification chez les Marien Ngouabi, Joachim Yhombi Opango et Denis Sassou Nguesso. Ils voulaient seulement s’accaparer de l’État dans sa globalité pour en faire un lieu d’injustice sociale. Le goût amer de la révolution se faisait sentir dans chaque Corps de l’État. Cette révolution qui était sensée libérer le Congo-Brazzaville de l’exploitation de l’homme par l’homme se retrouvera vaincu par la méconnaissance du marxisme léninisme par la toute gauche politique de 1972.

IL N’Y AVAIT PAS UNE STRUCTURE DÉMOCRATIQUE POUR METTRE MINORITAIREMENT LES DÉVATIONNISTES DE LA LIGNE JUSTE. CAR LE CENTRALISME DÉMOCRATIQUE FAISAIT D’UNE MINORITÉ, UNE MAJORITÉ SANS RAISON. ET CETTE MINORITÉ SE JUSTIFIAIT PAR LE CONTRÔLE DES POSTES STRATÉGIQUES DE L’ARMÉE. ET LA MAJORITÉ N’AVAIT COMME RECOURS LE COUP DE FORCE MILITAIRE, CAR LE PEUPLE NE POUVAIT TRANCHER À LA PLACE ET RÉTABLIR L’ORDRE JUSTE.

Ainsi mourut un Idéal dont Franklin Boukaka croyait s’installer au Congo-Brazzaville. Le Nord du pays n’était pas Mûr et Aguerri pour véhiculer, montrer le chemin à un peuple plus expérimenté dans la pratique de la Sociabilité. Les Bantous avaient expérimenté Une Règle Fondamentale : BOLÉ BANTOUS, BOUKAKA NSONGO QUI DIT CECI : " C’EST LE MULTIPLE QUI FAIT LE GENRE HUMAIN, SEUL EST LE PRIX DE LA DOULEUR. " Cette douleur nous a emporté vers des horizons aveugles et la mort était le prix. Mûrir un problème, une question importante ne pouvait être l’apanage de Marien Ngouabi, Joachim Yhombi Opango, Denis Sassou Nguesso qui n’avaient que la préoccupation de prendre le pouvoir et d’exercer une Revanche contre les Autres. Ces militaires avaient une conception totalitaire du pouvoir. Le principe pour eux est d’avancer arbitrairement dans un chemin sans en connaître l’issue et avoir définis les valeurs et les principes qui entourent ce chemin. Une révolution sans Foi, ni Loi, mais jouir des prérogatives du pouvoir afin que la domination change de camp pour une minorité qui exclut l’ensemble. Ainsi, le PCT dessécha le fleuve de l’abondance en un lieu aride.

4 - LE CHANT, LES MOTS, LES PAROLES QUI ANNONÇAIENT LA VENUE DE LA PANTHÈRE MBOCHI DANS L’ARÈNE POLITIQUE.
Les prophéties ont une avance dans le temps et dans ce temps arrive les paroles qui viennent montrer la profondeur du dire de Franklin Boukaka. En parlant de la diversité du peuple congolais du Vili, Moungala, Moukongo, Mbochi etc... qui sont tous les Enfants d’un pays. "SOKI KOYI AKOTI LOPANGO NA YO, LOBA VILI OU KIKONGO, KOYI AKO YOKOLA YO MAWA TE". Donc la Panthère mbochi, Odza Barou, mangeur d’hommes est dans l’Enclos du Congo-Brazzaville sème la mort, la zizanie. KOYI n’a pas pitié des camarades, des amis qui meurent par dizaine sans secours. "BASUSU BAWELA BOKONZI NA BA VOITURES AYÉ AFRICA Ô LIBERTÉ. NAKOMI TUNA MUNDELÉ AKENDA LIPANDA TO ZUA YA NANI. IMPÉRIALISME TO BOYI, CAPITALISME TO BOYI, AFRICA, AMÉRICA LATINA FOGOLA MISO. MINDÉLÉ BA MONI TOZALI MAKASI, BATIDÉLI BISO BA MBOULOU MBOULOU PO NA KONIOKOLI BA SALI" En faisant l’Éloge des Martyrs de Mehdi Ben Barka, à Hodji Ha Henda, Camillo Cienfuegos, Che Guevara, Albert Lutuli, Simon Kimbangou, André Grenard Matsoua. Franklin Boukaka disait ceci : " Un Vieux que je considère comme Sage me disait ceci : TOUTES LES MORTS N’ONT PAS LA MÊME SIGNIFICATION." Ainsi la mort de Franklin Boukaka doit être éclaircie par ses Bourreaux qui sont toujours au pouvoir.

5 - FRANKLIN BOUKAKA ET LA DIGNITÉ DE LA FEMME CONGOLAISE.
Franklin Boukaka chantait la femme congolaise dont la dignité devait être le miroir. La femme devait refléter le Bois d’Ébène par son naturel et son exemplarité. Il louait la beauté de la femme congolaise dans son attirance et sa démarche. Il commençait à dénoncer la dérive qui s’annonçait dans le futur avec l’Homme du PCT. Une vision de la société congolaise qui n’avait pas son égal.

6 - LA BOUCHE QUI NE MANGE QUE LES LÉGUMES À L’ÈRE ÉCOLOGIQUE.
Franklin Boukaka montre son humilité de Prolétaire de consommer que les légumes. étant Végétarien de nature, car sa préférence pour les légumes montrait sa place dans le peuple qui ne pouvait pas régulièrement consommer la viande devenue la nourriture du riche PCT qui par le pouvoir avait des usages excessifs source de détournement des biens publics. La pureté de ses goûts simples montrait sa modestie et sa Vie Écologique.

Cette petite réflexion est un hommage à cet Homme engagé dans son temps pour montrer son existence, à donner un sens aux mots et inspirer des jeunes générations en quête d’une reconnaissance de sa place dans une société qui se bat pour tout le monde.

Fernand Mathias Ndalla