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Lettre ouverte à notre Evêque de Kinkala, Monseigneur Louis Portella Mbuyu par Me Massengo-Tiassé superviseur de la résistance à l'extérieur*
Crée le 02/06/2017 à 18:31:18
Mis à jour le 02/06/2017 à 18:31:18

Le 9 mars 2016, Mgr Louis Portella Mbuyu, recevant à l'Evêché de Kinkala le général Jean Marie Michel Mokoko en présence de Me Massengo-Tiassé, conseiller du candidat J3M à l'élection présidentielle   (Actualités)

Le 9 mars 2016, Mgr Louis Portella Mbuyu, recevant à l'Evêché de Kinkala le général Jean Marie Michel Mokoko en présence de Me Massengo-Tiassé, conseiller du candidat J3M à l'élection présidentielle

Lettre ouverte à notre Evêque de Kinkala, Monseigneur Louis Portella Mbuyu par Me Maurice Massengo-Tiassé*
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A Son Excellence, Monseigneur notre Evêque de Kinkala, dans la région du Pool

Notre Monseigneur, Evêque du Pool, Sans le moins du monde vous contester le cri d’alarme sincère et honnête émis par vous de la souffrance des vos fidèles, nous semble faire preuve d’une grande partialité, ne tenant pas en compte tous les tenants et les aboutissants de cette misère, de ce conflit sanglant.
Il aurait fallu aussi, Monseigneur, dénoncer le vrai instigateur de la misère de plus de 95% de la population congolaise et des massacres dans la région du Pool?
A titre de rappel, dites nous Monseigneur où se trouve le pétrole au Congo? Depuis que s’exploite cette matière première, quelles sont les retombées économiques profitables à cette région ? Dites-nous Monseigneur, à qui profite toute la richesse pétrolière ? Même pas au Kouilou ?

Que dites-vous, l’oppresseur et l’opprimé ne doivent-ils pas être traités avec équité dans notre église ?
Par quelle alchimie intellectuelle prétendez-vous l’unique auteur de la guerre du Pool, celui qui doit cessez les hostilités, serait celui nommément désigné par vous Frédéric Bintsamou, le pasteur Ntumi ?

Monseigneur, vous le savez bien, cette guerre n’est pas un conflit classique. C’est la domination par la loi du plus fort, c'est-à-dire la loi des armes, pour maintenir un état sectaire et discriminatoire du petit clan d’Oyo vaincu aux urnes le mars 2016.
Vous le savez bien comme le mentionne Jean Jacques Rousseau : « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir».

Le Congo n’est cependant pas un Etat de droit, mais un territoire encore empêtré dans l’état de nature ou dominent la barbarie les inégalités, le viol, les arrestations arbitraires, les détentions abusives, l’impunité, la corruption, le tribalisme, toutes les antivaleurs qui obèrent la naissance d’un véritable Etat voulu par les Pères fondateurs de la Nation congolaise à savoir Fulbert Youlou, Jacques Opangault et Stéphane Tchitchelle.

Nous vous avons applaudi et encouragé en avril 2016 lorsque, Monseigneur, vous avez été sceptique de la victoire autoproclamé de Sassou, source du conflit actuel.

Quel est donc le rôle de l’Etat Oyocrate ?
Protéger et promouvoir en richesse exclusivement le clan d’Oyo et ses complices de la fran-maçonnerie ?
Nous y voilà Monseigneur ? Pourquoi ne prenez vous pas le courage de dénoncer, l’incompatibilité de la foi chrétienne avec les pratiques de la société secrète que constitue la franc-maçonnerie. Vos collègues Evêques de Côte d’Ivoire ont réaffirmé clairement la position de l’Eglise universelle sur les associations maçonniques. Pourquoi au Congo pour faire plaisir au dictateur, vous trangressez la déclaration de la Congrégation de la doctrine de la foi en date du 26 novembre 1983, qui stipule : « Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave, ils ne peuvent accéder à la communion ». Ils ne peuvent donc bénéficier des honneurs des funérailles ou des messes anniversaires comme nous l’avons dernièrement constaté à la Basilique Sainte Anne transformée en bar dancing où un de vos prêtres a dansé non pas pour Dieu mais pour le tyran Sassou Nguesso et sa femme.
Accepterez-vous, Monseigneur, que demain Sassou Nguesso et son épouse Antoinette affichent leurs portraits officiels dans chacune de nos églises ? Vous avez laissé ce couple diabolique s’emparer du pouvoir dans notre chère église catholique.

Monsieur Sassou Nguesso est un chef de tribu, qui a depuis le 4 avril 2016 usurpé le titre de Président de la République sous le masque d’un Etat qui n’en est plus un. Dès lors, il ne fait pas de guerre contre le Pool. Il mène une politique planifiée, nettoyage ethnique, comme l’ont connu la Yougoslavie, le Kossovo, le Rwanda et d’autres Etats encore. Les faucons d’Oyo ne s’en cachent pas, le projet est d’exterminer une très grande partie des Kongos du pool que Sassou hait viscéralement et qui restent démunis de toute protection contre la violence de l’Etat barbare d’Oyo. Le véritable Etat protecteur de toutes les communautés ayant disparu.

Monseigneur ne seriez-vous pas malgré vous tenté par cette antipathie contre ce peuple martyr ? Parce que dites-nous Monseigneur, aviez vous seulement souvenance de l’affaire du Beach ? Saviez-vous Monseigneur, à combien le solde infinitésimalement de tout compte pour cette région? Plus de 1500 hommes assassinés et compte non tenu de ceux exterminés durant toute la période 1998-2000. Et au moment où nous vous écrivons et vous parlons, la société civile à Brazzaville déplore déjà plus d’une centaine de jeunes disparus des quartiers sud, depuis de deux semaines.

Cette fois-ci Monseigneur, vous voulez servir de marche pied à ce même criminel? Pour ensuite s’entendre dire « pourtant il m’avait rassuré qu’il traitait dignement les populations du Pool » !
Non Monseigneur, je ne peux terminer ces propos sans vous dévoilez un élément simple qui aiguisera j’en suis sûr votre curiosité. Vous vous êtes refusé dans cet exercice d’exhortation à la fin des massacres de désigner ce Nazi de Sassou Nguesso comme le véritable acteur d’épuration ethnique.
Ce criminel notoire cherche à armer la jeunesse du nord contre les jeunes du sud supposés être contre les mbochis. Tout ceci est faux. Et les jeunes des quartiers nord refusent de prendre des armes contre leurs frères des quartiers sud. Le mot d'ordre cette jeunesse flouée, rouée et trouée est faisons la révolution et chassons le dictateur, pilleur et criminel.
Monseigneur, le savez vous, cette fois ci Sassou ne sauvera pas son pouvoir par la ruse.
Plus de 92% des congolais ont décidé de son départ en mars 2016. En s'accrochant au pouvoir, Sassou a volé la victoire du Général Mokoko, arrivé en tête du 1er tour de cette élection à l'origine de la guerre au Pool, vous le savez très bien.

Grand bien vous fasse. Mais dites nous, saviez-vous que contre Monsieur Frédéric Bintsamou dit Pasteur Ntumi avait été servi un mandat d’arrêt par le Procureur de la République ? Monseigneur, quelles sont les autorités habilitées à exécuter un mandat d’arrêt?
A l’instant où vous aurez trouvé la réponse à la question, vous aurez compris, que le mandat n’a été qu’un vrai-faux alibi inventé par ce tribaliste sanguinaire de Sassou Nguesso afin d’exterminer les populations du Pool. Soi-dit en passant, la locomotive de ce pays.
Voilà la vrai raison que vous faites semblant de taire, Monseigneur, vous avez agi par peur en reniant ce que vous avez si bien dit plus tôt, le 15 avril 2016, par les antennes de RFI la Radio mondiale, en demandant que cessent les bombardements dans le Pool. Vous avez bien situé les responsabilités du drame dans la région du Pool au tout début des événements. Depuis une année vous n’avez pas été entendu, au contraire la situation s’est aggravée, et vous trouvez le moyen de vous contredire et de mettre en cause la victime pour ignorer l’agresseur. Le mal c’est Sassou Nguesso et redites-le Monseigneur à haute et intelligible voix et au monde entier. Ne biaisez pas. La peur n’exclut pas la vérité. Ne péchez point par le mensonge, car c’est l’arme adulée de celui que vous ne voulez daignez trahir ou désigner par son nom ?
Nous défenseurs des droits humains ayant engagé dans la résistance, au nom du sacro saint principe fondateur de la déclaration universelle des droits de l’homme, n’avons pas peur d’œuvrer pour une véritable révolution au Congo, pour renverser par tous les moyens le dictateur sanguinaire en place au Congo. Théologie de la libération et non celle de la soumission au crime, Monseigneur.
TOCQUEVILLE a écrit : « je crois que j’aurais aimé la vérité en tout temps, mais au temps ou nous vivons, je suis prêt à l’adorer ». Monseigneur, puis-je vous exhortez d’adorez le chemin de notre Seigneur Jésus : celui de la Vérité. C’était pour qu’il n’en soit ignoré.
Votre tendance à vouloir tout relativiser constitue le nœud même de votre complicité avec un pouvoir qui a toujours fait de vous les Simon Pierre de notre Eglise, celui qui a renié trois fois notre Sauveur le Christ Jésus.
Ressaisissez-vous Monseigneur, de la peur bleue que vous avez de l’assassin du Saint Emile Cardinal Biayenda. Vous bénéficiez des circonstances atténuantes dans ce procès que nous vous faisons aujourd’hui.
Premièrement parce que nous le savons que vous avez agi sous la menace du dictateur et criminel Sassou. Vous avez perdu votre sens de l’honneur et de la vérité. Vous n’êtes plus des Prélats libres sous la dictature de celui qui a tué de ses propres mains avec son complice Florent Ntsiba, notre Berger Emile Cardinal Biayenda. Vous le savez très bien, c’est pourquoi les responsables de notre Eglise étouffe ou bloque la décision de sa béatification ou de sa canonisation.
Deuxièmement par votre propos contre le Révérend Pasteur Ntumi, il est démontré votre hostilité au mouvement œcuménisme instauré par le Cardinal qui entendait unifier tous les mouvements religieux, dans notre pays. Pourquoi vous vous acharnez sur la petite communauté chrétienne du Révérend Pasteur Ntumi. N’oubliez pas l'œcuménisme se concrétise aujourd'hui par le dialogue ou les moments de prière commune pour l’unité des chrétiens et au-delà d’autres confessions se référant à Dieu, l’Eternel des armées.
Monseigneur, repentez vous et faites comme le fondateur de l’Eglise catholique universelle, je cite Simon Pierre qui avait renié le Christ et a eu le courage de reconnaitre sa faiblesse.
En tant que ressortissant d’une autre région que celle du pool, pourtant vous aurez été la meilleure voix autorisée, par rapport à la situation que vit la population, dans une totale impartialité.
Vouloir ne pas entreprendre une médiation et condamner ouvertement l’un des protagonistes du conflit dont vous connaissez l’origine, c’est faire preuve de mauvaise foi et donc faire le jeu de Sassou qui ne reconnait pas qu’il ya une crise dans le pays en général et une guerre au Pool en particulier.
Monseigneur, vous ignorez sans doute, malgré vous, que nous avons organisé en tant que résistant à l’extérieur, à la demande du Réverend Pasteur Ntumi, une médiation internationale qui a conduit un Chef d’Etat africain à se rendre trois fois à Oyo. Par la suite le médiateur international accepté par les deux parties, avait reçu une délégation du Pasteur Ntumi. Le dossier de cette médiation avortée ou en cours, est sur la table du Président en exercice de l’UA. Votre commanditaire Sassou ne vous l’a-t-il pas dit qu’une médiation internationale était amorcée ?
Au contraire il s’est servi de la volonté de Ntumi d’arriver à la médiation, pour intensifier les bombardements dans votre diocèse Monseigneur. Voilà une vérité et une réalité qui vous a fait défaut, pour apprécier la situation et ne pas tomber dans la ruse de Sassou.
Monseigneur vous avez été dupé par le rusé criminel Sassou, l’homme assoiffé du goût du sang. Habile dans la désinformation, il fait croire à l’opinion, d’une part que Ntumi est son allié, tout ceci pour affaiblir la résistance et, d’autre part que les Bakongos et Ntumi en veulent aux Mbochis, pour discréditer une résistance qui est engagée dans une véritable révolution, où toutes les forces vives du pays sont engagées sans discrimination de région, pour renverser le système corrompu instauré par un clan mafieux et criminel.
Monseigneur, faites comme nous, dénoncez ouvertement cette fachosphère actuelle au Congo. Revenez au courage qui vous a toujours caractérisé. Reconnaissez votre erreur de jugement et d’appréciation de la situation. Ne tombez pas dans la corruption qui est devenue le sport national pour maintenir au pouvoir, l’assassin du Cardinal Emile Biayenda, martyr de la foi de notre Eglise dont vous êtes l’un des Pasteurs éminents que tout le peuple reconnait.
Vous nous avez déçu Monseigneur, nonobstant, nous savons que vous avez parlé sous la menace.
Faites comme les hommes d’église de l’Amérique Latine, en particulier Monseigneur Oscar Arnulfo Romero qui s’est engagé et a été assassiné le 24 mars 1980, comme le Cardinal Emile Biayenda (assassiné le 22 mars 1977). Les deux Prélats se sont battus pour la défense des pauvres et la dénonciation des injustices et la culture de mort imposée aux populations appauvries et terrorisées de leur pays.
Monseigneur, avez-vous peur de subir par vos propres prêtres le sort de ce grand ami du Cardinal Emile Biayenda, le Saint Evêque Georges Firmin Singha, le Mwêné Pélé, qui mourut empoisonné le 18 août 1993 à l’âge de 69 ans, pour avoir eu le courage de dénoncer les circonstances de l’assassinat du Cardinal Emile Biayenda par Sassou, directement à son ami le Cardinal Karol Jozef Wojtyla archevêque de Cracovie le futur Pape Jean Paul II.
Ne pas dire la vérité sur l’origine de la crise et des bombardements dans le pool, mènera notre église catholique au discrédit. L’aide que le pouvoir de Sassou accorde à l’église est un droit absolu, et une obligation pour l’Etat de réparer les œuvres religieuses détruites pendant les conflits ou encore l’occupation autoritaire des établissements scolaires de 1965 à 1992. L’Etat est beaucoup redevable à notre église et pourquoi donc vous culpabilisez pour l’aumône pour ne pas dire les justes réparations octroyées par un état fautif. Ce n’est pas l’argent du dictateur, mais celui de la Nation dont il est ordonnateur. C’est comme les privilèges du détenteur d’une fonction administrative, ne fait pas de ce dernier un inconditionnel du dictateur qui est à la tête d’un Etat.
Appliquez pour notre pays la position constante et universelle de notre église apostolique sur la franc maçonnerie qui s’est emparée du pouvoir dans l’église catholique. Je suis certain que de nombreux membres du clergé congolais seront gênés par cette réaffirmation de la position du Vatican, constamment violée par ceux qui dansent et soutiennent le Tyran.
Comprenez moi Monseigneur Portella et mon Pasteur, ainsi tous les autres que j’ai déjà cité dans mes précédentes publications, je ne veux pas être l’une de ses brébis qui attaquent son Berger. Cependant je tiens à réaffirmer, malgré l’adversité et la déformation par les esprits tordus et haineux de ma démarche invariable, dans toute circonstance, pour faire triompher la vérité qui est au cœur de mon engagement terrestre, la défense des droits de l’homme, c’est la manifestation de l’amour du prochain.
Je me permets de vous dire, moi Maurice Massengo-Tiassé, j’ai eu la chance de connaître personnellement Emile Cardinal Biayenda (C’est comme cela qu’il voulait qu’on l’appelle) et de recevoir de lui des encouragements et la force de rester fidèle à ma foi chrétienne et à la protection des intérêts des individus, alors que j’étais président de l’UGEEC (Union générale des Elèves et Etudiants Congolais) section du Lycée Savorgnan de Brazza en 1973.
Excusez nous, Monseigneur si vous n’êtes pas du côté des fidèles et donc du peuple qui veut se débarrasser de ce régime sanguinaire, Sassou l’ennemi de la Nation finira par vous dévorer, comme il l’a fait pour Monseigneur Georges Firmin Singha, mort empoisonné le 18 août 1993, Monseigneur Barthelemy Batantou mort le 26 avril 2004 et Monseigneur Ernest Kombo mort empoisonné le 22 octobre 2008.
Avec toute notre considération, Monseigneur, nous vous prions de rectifier vos propos à la pentecôte et nous nous sentirons soulagés par ce feu de l’esprit saint qui va embraser la maison diabolique de Sassou Nguesso et l’éloigner de la maison Congo.

Fait à Washington (USA) le vendredi 2 juin 2017 à 12h30 et 17h30 de Brazzaville

* Maître Maurice Massengo-Tiassé
Avocat, Docteur d’Etat en droit
Vice-Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH)
Superviseur de la Résistance congolaise à l’étranger,

Ancien Enfant de cœur de la Paroisse Notre Dame du Rosaire de Bacongo , ayant servi auprès des Curés sucessivement Abbé Théophile Mbemba, Abbé Barthélémy Batantou les deux deviendront Evêque et Archevêque de Brazzaville ;
Ancien du mouvement "Cœurs vaillants et Membre des douze Co-fondateurs aux côtés du Frère Marie Alphonse Ndoudi de la communauté Chrétienne les Kizitos , avant que ce mouvement ne se répande dans toute l’Afrique.